La culture de dahlias

12.03.2022

La fièvre du dahlia s’est emparée de moi et pour cette saison 2022, je prévois de faire pousser 96 variétés différentes, sur un peu plus de 300 pieds.

Rien que de l’écrire j’en ai des sueurs froides... mais je crois qu’on en est tous là avec les fleurs, non? Et puis l’excuse est que j’ai encore besoin de découvrir et de tester. 

J’ai bien vite oublié la fatigue et le temps passé à déterrer, nettoyer, ranger, diviser en fin de saison....!

C’est d’ailleurs de ce process dont je vais vous parler aujourd’hui, afin de vous introduire à la vente que je prépare pour ce mois de Mars.

1. Automne.

En Septembre dernier, lorsque les pieds étaient encore en fleurs, j’ai commnencé à les nommer, afin de garder une trace de leur identité, lorsque tout aurait disparu avec les premiers froids.

chaque pied est nommé pendant la saison

inspection des tubercules en cette fin de première saison

Les dahlias sont gélifs, ils ne peuvent pas supporter des températures en dessous de zéro trop longtemps; mais ça n’est pas que pour cette raison que je les ai sortis de terre. 

Dans la région où se trouve la ferme, il a de grandes chances qu’ils puissent passer l’hiver et revenir au printemps, mais je souhaitais affiner ma sélection après cette 1ere année, acheter des variétés qui supporteraient mieux les envois, diviser les pieds (certains ont bien plus que triplé de volume, et les plants atteignaient le faîtage du tunnel, à 3m), mais aussi et surtout les installer sur une parcelle différente de mon champ pour 2022.

Une fois déterrés, je les ai laissés quelques jours dans une pièce fraiche et dans le noir. 

Ceux dont la terre se détachait facilement ont été nettoyés plus rapidement, mais malheureusement il y en avait peu dans ce cas là : il avait plu quelques jours auparavant, et j’ai dû me résoudre à bricoler une table de travail à l’abri (parce qu’il pleuvait toujours, évidemment...!) pour le nettoyage, au jet d’eau, de mes 200 pieds.

avant lavage

Le but de cette opération était d’enlever suffisamment de terre afin de pouvoir les stocker à l’intérieur de boites fermées, pour les protéger des rongeurs et du désèchement, sans que l’ensemble ne pèse trop lourd. 

Je voulais aussi voir l’état des tubercules et supprimer ceux qui montraient des signes de fatigue.

Quelques rares pieds se sont divisés naturellement.

Et comme je n’avais pas encore vraiment la notion de ce que pouvaient être les «yeux», je les ai stockés tels quels.

Ils ont ensuite été laissés une dizaine de jours pour sécher, dans le noir et au frais, la tige vers le bas afin que l’humidité de la tige ne vienne pas stagner au niveau des tubercules.

Une partie de la collection 2021.

2. Hiver.

Puis l’ensemble a ensuite été rangé dans des boites remplies de sciure. 

J’ai probablement fait un excès de zèle avec ce stockage, en prenant beaucoup de précautions, mais je me suis référée à ce que je voyais outre-Atlantique, où les producteurs qui réalisent des ventes en fin d’hiver le font de cette façon.

La sciure a l’avantage de créer un coussin moelleux entre les tubercules, qui garde une certaine humidité (tout en l’absorbant si elle devient trop importante) et évite que si un pied développait des moisissures, elles ne se propagent aux autres.

stockage dans de la sciure de bois non traité

Ensuite vient la vérification tous les 15 jours de l’ensemble du contenu des boites. 

J’imagine qu’avec l’expérience je pourrai réduire cette fréquence à une fois par mois, mais j’avais besoin de m’assurer que les pieds étaient en parfait état et je voulais connaitre leur évolution: apparition des yeux, racines, mais aussi flétrissement de certaines variétés, apparition de taches, etc...

Le bilan est très positif puisque je n’ai perdu aucun pied, mais il y a très certainement quelques petites améliorations à faire encore!


3. Printemps.

Puis vient le moment où les températures se réchauffent et les dahlias, bien que dans le noir, se réveillent.

On peut alors voir ce que l’on appelle des yeux, au niveau de la «couronne» (la jonction entre le tubercule et l’ancienne tige du plant) et éventuellement des racines.

De ces yeux naitront les futures pousses et fleurs de la saison à venir.

Chaque saison, un pied peut produire une dizaine de tubercules supplémentaires. Tous ne seront pas exploitables en tant que futurs plants, mais cela permet une multiplication assez rapide.

au centre, un “oeil”

un autre exemple


Un dernier point concernant la floraison : selon la région où vous vous situez, vous pouvez planter les tubercules dès Avril, lorsque les dernières gelées sont passées.

La floraison interviendra de Juillet à Octobre. Les dahlias sont très généreux en fleurs et vous en serez largement récompensés si vous prenez le temps d’ôter les fleurs fanées, avant que les graines ne se forment.

Plus vous les retirerez, plus les fleurs seront nombreuses.

Par ailleurs, la forme du tubercule n’influence en rien la qualité du plant à venir. 

J’ai mis en terre l’an dernier des grappes de tubercules qui paraissaient assez minces et fragiles, voire très fripés et les fleurs ont été au rendez-vous.

Ce qui est important, c’est la présence d’un oeil prolongé du tubercule.


Et enfin, une observation assez intéressante : les teintes des fleurs varient selon la maturité du pied et la température extérieure!

Ainsi certaines variétés peuvent être plus claires en début de floraison et gagner en intensité au cours des semaines, ou inversement.

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L'entrée dans la troisième saison aux Batisses